Ma première expérience de « coworking » : quelle puissance !

Après plus de 20 ans d’expérience professionnelle en entreprises, cela fait un trimestre que je travaille en tant que freelance, travailleur indépendant, auto-entrepreneur mais aussi que je télétravaille à 95 % de mon temps, en utilisant internet et les technologies de l’information et de la communication pour travailler et pour contacter mes clients. Les questions qu’on me pose le plus souvent, et que je me suis aussi posées plusieurs fois à moi-même, sont en lien avec l’isolement, l’absence de contact direct, la perte de vie sociale, etc. La réponse à ces questions, c’est que télétravailler ne signifie pas forcément travailler toujours seul, chez soi ou dans son propre bureau : on peut tout à la fois télétravailler et cotravailler, même en tant que travailleur indépendant ! Ce qui va faire exploser le télétravail dans les prochaines années, c’est le cotravail, plus connu sous le terme coworking.  Dans cet article, je vous parle de ma première véritable expérience de coworking qui m’a permis de me faire une idée de la puissance de cette nouvelle forme d’organisation du travail, applicable tant aux salariés qu’aux entrepreneurs.

Où se déroulait cette première expérience de cotravail ?

J’ai passé un mois à Sun and Co, un espace de coworking situé à Jávea, petite ville historique en bord de mer, entre Valencia et Alicante, en Espagne. Tous les espaces de coworking ne se ressemblent pas. Sun and Co a un positionnement et un caractère bien particuliers : bien plus qu’un simple tiers-lieu qui ne mettrait à disposition qu’un local, des moyens logistiques et des services de cafétéria par exemple, Sun and Co est à la fois un lieu de travail, un lieu de vie et une communauté de « télétravailleurs géo-indépendants » (ma dénomination préférée en français pour ce que les anglo-saxons appellent location independent workers, notion plus large encore que digital nomads).

première expérience de coworking_sunandco
A Jávea, l’espace de coliving et coworking Sun and Co.

Avec qui ai-je partagé cette expérience de coworking ?

La plupart des personnes avec lesquelles j’ai cotravaillé ici sont freelances ou entrepreneurs, mais on y trouve aussi quelques salariés d’entreprises innovantes en matière d’organisation du travail et de QVT (qualité de vie au travail). Ces entreprises offrent à certains de leurs employés la possibilité de travailler d’où ils veulent pendant des périodes plus ou moins longues. S’agissant donc d’un public de travailleurs nomades, la plus grande richesse de la communauté est sa variété en terme d’origines, de nationalités, de compétences, d’expériences et de domaines d’activités professionnelles. On y entend parler de nombreuses langues, mais la langue commune est l’anglais. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les télétravailleurs géo-indépendants ne sont pas tous des génies de l’informatique, fondateurs de start-ups et passionnés de surf ! J’y ai rencontré des ingénieurs informaticiens et des startupers bien sûr, mais aussi des éditeurs littéraires espagnols, une journaliste anglaise, une illustratrice française, une avocate d’affaires italienne, deux photographes venu(e)s d’Autriche, et encore des spécialistes de l’édition vidéo, de l’identité graphique d’entreprises, du web design, du marketing, du community management, de la formation en ligne (e-learning), du coaching, de l’anthropologie sociale, de l’information médicale, de l’alimentation biologique, de l’enseignement linguistique, etc.

Et puis, bien sûr, les hôtes, dirigeants ou salariés, le lieu et l’esprit qu’ils ont créés et qu’ils maintiennent, contribuent aussi fortement à ce que les richesses potentielles de la communauté produisent vraiment de la valeur pour le groupe et pour chaque individu.

Qu’est-ce qui, selon moi, fait un bon tiers-lieu de travail et une véritable communauté de télétravailleurs ?

Pour les hôtes d’un tel tiers-lieu, il a d’abord fallu créer les conditions pour attirer un public à la fois varié dans ses origines, connaissances, expériences et activités, et homogène dans le sens où il partage certaines valeurs communes. Même dans le cas d’un tiers-lieu s’adressant à un public très mobile, il est important aussi d’encourager (principalement par la politique tarifaire) des séjours d’une durée d’environ un mois afin de permettre de vraies connections et un vrai sentiment d’appartenance à la communauté. Pour la même raison, et comme la plupart de ce qu’on appelle espaces de coworking (par opposition aux centres d’affaires), la capacité est volontairement limitée à une vingtaine de personnes. Pendant mon séjour, nous étions entre 12 et 18 cotravailleurs et je pense en effet qu’une quinzaine de personnes est probablement le nombre idéal.

Au quotidien, il faut aussi encourager les connections et le partage communautaire. Cela se fait naturellement, bien entendu, puisque les cotravailleurs viennent précisément rechercher du lien social dans les espaces de cotravail. Mais cela doit aussi être encouragé par des interactions plus ou moins formelles et organisées telles que des sessions de partage de compétences (skillshare) ou d’échange sur des problématiques individuelles (mastermind) et aussi des activités plus détendues (team building). La participation à ces sessions et activités est bien entendu facultative, mais elle est d’autant plus massive que les cotravailleurs sont eux-mêmes acteurs de la décision, de la planification et de l’organisation de ces événements, au cours d’une réunion hebdomadaire, par exemple, ainsi qu’au travers d’outils collaboratifs.

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Tableau coopératif établi en commun chaque semaine à Sun and Co.

Enfin, et particulièrement pour ces tiers-lieux dédiés à des individus nomades, il est important de prolonger la communauté créée in situ par une communauté en ligne, sur les réseaux sociaux. Là, le réseautage (networking), le partage de compétences et l’échange entre les anciens cotravailleurs se poursuivront au-delà des séjours dans l’espace de coworking.

Comment s’est passée ma première expérience de cotravail ?

Vous l’avez compris, cette première expérience de coworking m’a vraiment marqué. Deux semaines après en avoir terminé, je n’ai pas fini de réaliser tout ce que j’ai pu en retirer à titre personnel et professionnel. Et j’ai pu constater que je ne suis pas le seul à partager ce sentiment.

Le constat est clair : sur la durée du séjour, chaque membre de la communauté donne collectivement, à l’ensemble du groupe, et individuellement, à certaines personnes en particulier, et de la même façon il reçoit du groupe et de certains membres, sans que ce soit systématiquement réciproque. C’est la synergie du collectif dans toute sa splendeur, qu’on peut illustrer par ces mots de George Bernard Shaw, écrivain irlandais, Prix Nobel de littérature en 1925 :

« Si tu as une pomme, que j’ai une pomme, et que l’on échange nos pommes, nous aurons chacun une pomme. Mais si tu as une idée, que j’ai une idée et que l’on échange nos idées, nous aurons chacun deux idées. »

Et plus concrètement…

Concrètement, pendant un mois, j’ai vécu en colocation et j’ai cotravaillé dans un espace agréable et fonctionnel, mais surtout j’ai rencontré près de 40 travailleurs géo-indépendants, freelances ou salariés, de diverses origines, de différents domaines professionnels, cumulant des tonnes de connaissances et d’expériences, de questions aussi…, et j’ai intégré une véritable communauté, composée par ces cotravailleurs et animée par des hôtes dont le sens de l’hospitalité n’a égal que leur altruisme.

J’ai télétravaillé autant que de besoin, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, dans diverses atmosphères à l’intérieur ou dans le patio, avec la possibilité aussi de m’isoler dans la Skype room si nécessaire. J’ai aussi profité du climat méditerranéen en ce début de printemps, de la culture et du patrimoine local, de diverses ambiances dans le village (le joli centre historique, le port, la plage et sa promenade, les bars et restaurants, certains d’entre eux constituant de possibles espaces de travail avec vue sur mer…) J’ai partagé de nombreuses activités de loisirs avec les autres cotravailleurs et nos hôtes, comme par exemple de belles promenades et randonnées tout autour.

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Partage de connaissances convivial sur le thème du parcours client

Qu’ai-je retiré de cette première expérience de coworking ?

Mais ce qui a vraiment fait que ma première expérience de coworking soit tellement précieuse, ce sont les relations que j’ai établies, les choses que j’ai apprises et finalement l’inspiration que je n’ai pas encore fini d’en retirer :

  • Nous avons noué des relations entre nous, travailleurs freelances et autres télétravailleurs, en partageant nos valeurs communes et notre diversité et en nous aidant mutuellement sur nos projets respectifs. C’est ainsi par exemple que j’ai aidé Sébastien Gremel Sports à peaufiner son tout nouveau site internet. C’est aussi par ces échanges le plus souvent informels que j’ai reçu des conseils, que j’ai eu de nouvelles idées pour mon organisation et mon activité professionnelle.
  • Nous avons eu chaque semaine plusieurs sessions de partage de compétences et j’ai appris sur de nombreux sujets tels que le feng shui, la composition de couleurs, l’indépendance financière, la gestion du temps et la productivité, les 5 langages de l’amour appliqués à la communication, la pleine conscience, l’observation culturelle, le parcours client, les crypto-monnaies, etc.
  • J’ai aussi participé à plusieurs sessions de mastermind et j’ai réalisé comment cela peut vraiment aider les gens à considérer de nouvelles idées et solutions, ou bien seulement à leur donner la confiance dont ils ont besoin pour avancer dans leurs propres projets.
  • Enfin, j’ai observé et j’ai appris comment interagir de façon formelle ou informelle dans ce nouveau genre d’environnement qu’est pour moi le coworking.

Et après ma première expérience de cotravail ?

Il y a deux semaines, j’ai quitté Jávea, j’ai quitté le tiers-lieu Sun and Co mais je me sens comblé d’avoir tant appris, d’avoir noué autant de relations et de faire partie de cette communauté pour longtemps. Je reste très à l’écoute de ce qui se passe sur la communauté en ligne, j’ai d’ailleurs participé avant-hier à un très intéressant remote mastermind (en ligne donc) avec des cotravailleurs que j’avais rencontrés sur place et d’autres que j’ai connus en cette occasion.

Je me réjouis de cette première expérience de coworking qui a largement dépassé mes attentes. Je séjournerai à nouveau à Sun and Co l’année prochaine, si ce n’est en fin de cette année. Je prévois aussi de passer un mois dans un autre espace du même type cet automne, dans un cadre qui promet d’être aussi inspirant que naturel… Mais je vous en dirai plus en temps voulu ! Et, en attendant, je ne manquerai pas de cotravailler et de découvrir des espaces de coworking différents, en France, tant en milieu urbain qu’en milieu rural peut-être.

Conclusion : une expérience de coworking que je recommande

Que vous soyez travailleur indépendant, entrepreneur ou salarié, si vous avez la possibilité d’expérimenter le cotravail dans un espace de coworking, je vous recommande vivement de le faire. Pourquoi ? Parce que c’est « tendance », peut-être. Parce que c’est l’avenir, je le pense vraiment, et c’est probablement le futur proche de l’organisation du travail pour une large part des activités professionnelles. Parce que ça répond à l’évolution du monde et à ses nouveaux enjeux tels que la globalisation, l’usage des nouvelles technologies et le maintien du lien social, la qualité de vie au travail (QVT) et la qualité de vie en général, le développement des territoires, les transports, le développement durable, le respect de l’environnement, etc. Et aussi parce que, j’en suis persuadé, c’est une source de productivité pour les cotravailleurs, en raison notamment des connections qui s’établissent dans un environnement ouvert.

Si vous avez déjà expérimenté le cotravail dans des tiers-lieux et que vous souhaitez partager votre point de vue, parlez-en en commentaire. Si vous voulez en savoir plus sur mon expérience à Sun and Co et prochainement dans d’autres espaces de coworking, n’hésitez pas à me contacter !

Si vous ne l’avez pas encore fait mais que vous êtes intéressé par une première expérience de coworking, à Sun and Co ou ailleurs, si vous avez des doutes, écrivez-moi en commentaire ou via le formulaire de contact. Je me ferai un plaisir d’échanger avec vous, de vous donner quelques conseils et de vous aider dans votre démarche !

Et si vous êtes intéressé par mes services de rédaction, que ce soit sur le thème du coworking ou sur d’autres sujets, consultez mon offre de services ici ou contactez-moi !

2 Replies to “Ma première expérience de « coworking » : quelle puissance !”

  1. Mercî pour ce témoignage. Consultant en Ardeche mon pari est de donner accès a nos moulinages (industries se la soie au xix e) aux travailleurs nomades en leur offrant la possibilité de coworkers et vivre au sein d’un même lieu pendant de séjours d une semaine à 1 mois. Ces mêmes lieux deviennent des gîtes familiaux l ete.

    1. Ça me paraît une excellente idée ! Je serai dans la région Rhône-Alpes de fin mai à début juillet, principalement à Grenoble. Si vous le souhaitez, je serais ravi de vous rencontrer ou au moins échanger avec vous sur votre projet et peut-être vous aider.

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